Qui êtes-vous ?

Jerusalem, Israel
Journaliste indépendante, je suis installée à Jérusalem depuis septembre 2009, après avoir vécu à Kaboul (Afghanistan)de janvier 2007 à décembre 2008. Lors de ces deux années, j'ai couvert pour plusieurs media, l'actualité afghane. Presse écrite, radio ou encore télé, j'ai multiplié les collaborations en radio et presse écrite. Correspondante de RFI, RTL, Radio Vatican, France Info, France Inter, France Culture et I télé, Le Parisien, L'Equipe Magazine, Le Figaro, Figaro Magazine, CB News, La Nouvelle République. Rentrée pour quelques mois en France, j'ai effectué quelques CDD chez RFI avant de repartir m'installer à l'étranger.

18/08/2009

Elections afghanes: fin de campagne

Malgré les efforts de déstabilisation menés par les Taliban, la campagne électorale se poursuit, presque que comme si de rien n’était. Les Taliban ont pourtant revendiqué l’attentat qui a fait 7 morts samedi en face du quartier général de l’OTAN. Et pour la première fois, ils ont menacé hier de s’attaquer aux bureaux de vote. Une menace formulée par l’intermédiaire d’affichettes accrochées aux murs des villages du sud afghan. « Voilà qui informe les honorables résidents qu’ils ne devraient pas participer aux élections s’ils ne souhaitent pas être victimes de nos opérations. Car nous allons utiliser de nouvelles tactiques » pouvait-on lire. Une manière de prévenir la population. Dans ces conditions, le gouvernement aura certainement du mal à contrôler l’ensemble du pays le jour du vote, notamment les provinces du sud déjà sous très forte influence talibane.
Pour autant, rien n’arrête la motivation des deux principaux concurrent du président Karzai, Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani. Aujourd’hui encore, Ashraf Ghani se rendait à Jalalabad, ville de l’est du pays, après avoir parcouru tout le sud du pays samedi. Quant au Docteur Abdullah, ancien conseiller de Massoud, il est prévu qu’il fasse son dernier meeting au stade de Kaboul. Le président afghan Hamid Karzai se fait lui, beaucoup plus discret, il parait même assez absent de la campagne bien que l’on aperçoive son portrait un peu partout dans la capitale. Il a préféré laisser cette tâche à ses colistiers, tous des anciens « seigneurs de guerre », espérant ainsi drainer plus de soutien. A la grande surprise générale, il a refusé de participer au premier débat télévisé, laissant sa chaise vide entre Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani. Mais il a finalement accepté hier soir, de participer au second débat, un moment attendu avec impatience par les téléspectateurs.
Chacun des candidats aborde de manière récurrente les thèmes qui touchent de près les Afghans. La corruption, l’insécurité croissante et la lutte contre la pauvreté en sont les principaux. Ajoutons à cela la polémique des victimes civiles dues aux bombardements aériens de l’OTAN, un sujet devenu très sensible chez les Afghans. « Si je suis élu, je ferai en sorte que les Afghans ne tuent pas d’autres Afghans, que les Afghans ne soient pas tués par des étrangers. Si Dieu le veut, nous mettrons un terme à l’anarchie et à la corruption » déclarait le Docteur Abdullah lors d’une visite dans la province de Paktia au sud-est du pays.
Dans la capitale, des portraits des divers candidats et colistiers ont été accrochés partout et des bureaux de campagne ont été ouverts dans de nombreux quartiers pour promouvoir les programmes de chacun. Les candidats ont jusqu’à ce soir minuit pour clore leur campagne avant un silence médiatique obligatoire de 48h.


Les deux principaux rivaux d’Hamid Karzai
Ashraf Ghani Ahmadzai, économiste, appartient à la tribu majoritaire pachtoune. Avec ses parents, il quitte très vite l’Afghanistan et poursuit des études au Liban puis aux Etats-Unis où il obtient la nationalité américaine. Il rejoint la Banque Mondiale après une carrière de professeur en Europe et aux Etats-Unis. Ancien ministre des Finances sous Hamid Karzai (jusqu’en 2004), il sera aussi un de ses conseillers spéciaux.
Abdullah Abdullah, médecin, est moitié pachtoun, moitié tadjik (ethnie de Massoud). Très proche du commandant Massoud pendant la guerre contre les Soviétiques, il occupera en 1997 la fonction de ministre des Affaires étrangères, poste qu’il gardera sous la présidence d’Hamid Karzai (jusqu’en 2005).

Aucun commentaire: